Conservatoire collaboratif des messages personnels

diffusés sur BBC pendant la guerre de 39-45

Melponène se parfume à l'Héliotrope

de Michel Augeard

Retrouvez dans ce livre les explications de plusieurs centaines de messages contenus dans le site.

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Melpomène se parfume à l'Héliotrope de Michel Augeard

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jeudi 21 juin 2018 08:07

Jean Pierre Farkas se souvient

Jean Pierre Farkas se souvient 

Radio Londres a été ma première  station personnelle parce que, sans l’aide de ma famille, je savais exactement où la retrouver, sur la gamme des ondes. Facile à identifier car elle était très brouillée et aussi j’avais bien compris qu’elle faisait peur à ma grand-mère. Dès que je tournais le bouton, sur les ondes moyennes certainement, ma grand-mère se cachait derrière les rideaux pour guetter les patrouilles allemandes qui recherchaient, disait-elle, les écoutes clandestines…. J’avais 7-8 ans. Mes parents étaient séparés : du côté breton, maman, on était pour de Gaulle, la Résistance, les alliés. Du côté de mon père, c’était Vichy, Pétain et Radio Paris. On l’entendait cette radio, très correctement, et je n’ai pas oublié le ton haineux des messages : » L’Angleterre comme Carthage sera détruite. Sur radio Londres, ma radio de résistance à mon père et aux collabos, malgré le brouillage, le ton était différent, presque joyeux et semblait s’adresser à moi personnellement. Indicatif facile à reconnaître et puis l’inoubliable : « Radio Paris ment, Radio Paris est allemande ». Et aussi, Radio Londres donnait des noms inconnus : El Alamein, Okinawa, Stalingrad, que je me hâtais de retrouver sur l’atlas familial. Et il y avait la magie exotique de Radio Sottens, Beromünster, Alger. Tout aussi mystérieux, les messages personnels absolument incompréhensibles pour un lecteur de Signe de Piste. Mais ces phrases obscures avaient pour moi le parfum de la Résistance et de la liberté. Je n’ai pas oublié non plus une émission qu’on trouverait guindée aujourd’hui : c’était «  les deux amis » où Pierre Bourdan et Jacques Duchesne dialoguaient sur l’actualité : ils disaient souvent : « Aujourd’hui les nouvelles sont mauvaises et nous ne les cachons pas. Ainsi vous nous croirez quand elles seront meilleures ». Je n’ai pas oublié cette philosophie de l’information, j’ai de mon mieux pour toujours faire mon métier comme ceux de Radio Londres. Un jour, j’ai eu la chance de rencontrer Jean Marin. Il était dans l’équipe de Londres et après la Libération, il a été l’un des pionniers de la nouvelle presse libre : Ouest France, l’Agence France presse, l’un des maîtres de notre profession. Evidemment, je voulais tout savoir sur cette grande aventure radiophonique de la Résistance. : « Ecriviez-vous vos chroniques ? Les disiez-vous en direct après les avoir dictées à une secrétaire ? De Gaulle relisait-il vos papiers ? ». Alors, Jean Marin a un peu penché sur moi sa taille de géant : « Petit, va donc me chercher un whisky. Et sans glaçons, comme à Londres ».